"Qui suis-je ?" Rebatet - Pascal Alain Ifri

12,00

Ed Pardès, 128 pp.


Lucien Rebatet (1903-1972) Lucien Rebatet constitue un cas à part dans l'histoire intellectuelle de la France du vingtième siècle. Auteur des Deux étendards, un immense roman que nombre de critiques et d'écrivains ont salué comme un chef-d'?uvre, des Décombres, le best-seller de l'Occupation, qui se situe dans la lignée des ?uvres d'Agrippa d'Aubigné et de Léon Bloy et qui est considéré comme un des meilleurs documents sur la France des années trente et de Vichy, et d'Une histoire de la musique, qui s'est immédiatement imposée comme un ouvrage de référence sur le sujet, il a également été un grand critique d'art, un pionnier et un géant de la critique de cinéma et un journaliste politique influent. En dépit de ces accomplissements, Rebatet est pratiquement inconnu du grand public. C'est qu'il paie les graves erreurs qu'il a commises et qui lui ont valu d'être condamné à mort. « Collaborateur, et de l'espèce la plus frénétique », selon ses propres termes, il s'est signalé par la virulence de son antisémitisme et a préconisé une alliance totale entre la France et l'Allemagne nazie. Toutefois, ce côté monstrueux de la personnalité de Rebatet rend l'homme et son ?uvre encore plus intrigants et soulève toutes sortes de questions. Le fait que l'intolérance, la haine, le fanatisme et la furie meurtrière puissent se conjuguer, chez le même homme, avec une intelligence, un talent, une culture et une sensibilité hors du commun, constitue un mystère ou du moins un paradoxe passionnant et ne peut qu'accroître l'intérêt d'une étude sur sa personne et sa production. « Comme tant d'écrivains, j'avais été partagé depuis l'âge de trente ans entre la politique et la littérature. Celle-ci, langtemps refoulée ou trop incertaine pour s'imposer, réclamait son dû, au moment aù le drame mondial dans lequel j'avais tenu mon rôle s'amplifiait encore. C'était peut-être paradoxal. Mais après tout, je suivais exactement le plan que je m'étais fixé en janvier 1941 : témoigner, militer par un livre, puis en entreprendre aussitôt après un autre, qui serait enfin une oeuvre d'imagination.»