Véridique histoire des oustachis - Christophe Dolbeau

27,00

Référence AK

Croquemitaines de légende mais authentiques patriotes

2015, Akribeia, 424 pages.

Fondée au début de l’année 1929, l’Oustacha croate et son chef Ante Pavelić (1889-1959) sont encore beaucoup trop souvent dépeints comme une sombre association de tueurs à la solde du fascisme dirigée par un psychopathe. Loin d’être une version balkanique du fascisme, l’Oustacha, composée de patriotes intransigeants révoltés par le climat d’oppression du royaume yougoslave, exprima une radicalisation de la tradition politique croate agrarienne et sociale-chrétienne. Confrontés aux exactions des tchetniks serbes, les oustachis se donnèrent très tôt les moyens de mener une lutte armée et clandestine. C’est l’histoire véridique de celle-ci que raconte ce livre, qui puise à de très nombreuses sources croates et étrangères pour retracer la fondation du mouvement, l’organisation de la diaspora croate (de l’Autriche au Canada, de l’Italie aux États-Unis en passant par l’Australie), l’assassinat du roi Alexandre Ier le 9 octobre 1934 à Marseille, les relations compliquées avec le régime fasciste, enfin la proclamation, en 1941, de l’État indépendant croate. L’ouvrage illustre notamment toute la difficulté d’une tâche consistant à bâtir ex nihilo un État sur un territoire occupé par des armées étrangères et assailli par des bandes armées hostiles.

La fin de la guerre, avec l’abominable démocide yougoslave de Bleiburg en mai 1945 (300 000 soldats et presque autant de civils croates livrés par les Britanniques aux bourreaux titistes), mais aussi la reprise presque immédiate du combat avec des maquis sur place et des attentats à l’étranger, sans oublier la fuite rocambolesque d’Ante Pavelić, sont évoquées avec force détails inédits pour le public francophone. Le rôle important joué alors par Mgr Alojzije Stepinac, archevêque de Zagreb et primat de Croatie, est également mis en lumière. Complété par une longue bibliographie générale, ce livre qui remet l’histoire à l’endroit s’avère strictement indispensable à la connaissance de la vérité sur des événements particulièrement tragiques.